Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 11 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
Les renégats n’entrèrent que trop dans les vues du tyran. Ils s’ingénièrent à pousser à bout la patience de leur victime.
Les uns l’accablaient de malédictions, les autres lui crachaient au visage. Tous, devenus éloquents par lâcheté, le pressaient d’obéir, sinon pour conserver sa vie, du moins pour sauver du supplice des pères de famille, dont le sort était compromis par son entêtement.
Pendant quatre jours, il fut mis à cette horrible épreuve. Le cinquième, quand il était déjà à demi vaincu, le gouverneur le fit amener au prétoire et torturer avec tant de violence, que le malheureux succomba de nouveau.
Sa rechute fut accueillie par les éclats de rire du mandarin. « Va te reposer, lui dit-il, en attendant que tu aies la force de jouir de la liberté ». Les soldats le félicitèrent à leur tour.
Mais les remords du coupable le rendaient sourd à tous ces éloges. La nuit se passa dans des larmes et des sanglots qui tenaient du désespoir. Heureusement il se trouvait dans la prison un prêtre, honoré depuis de la palme du martyre.
L’infortuné vieillard, tout couvert de plaies, se jette à ses pieds, lui fait avec d’inconsolables gémissements l’aveu de sa dernière chute, et se relève doublement fortifié par la parole du prêtre et par la vertu du sacrement de pénitence.
Dès le lendemain, le gouverneur le fait comparaître afin de s’assurer, par de nouvelles profanations, de la sincérité de son apostasie. « Ni les tourments ni la mort ne me feront désormais abjurer la foi, dit-il au persécuteur. Par mon repentir, j’espère avoir recouvré l’amitié de mon Dieu ; il est bien temps que je Lui reste fidèle. »
Cette fois les tortures n’ont plus de limites. Étendue par terre, la victime est rouée de coups de bâton : pieds et poings liés, on la traîne dans la salle d’audience en l’accablant d’une grêle de coups ; on la charge d’une cangue garnie de fer.
On la jette en prison et on l’en retire pour l’exposer aux ardeurs brûlantes du soleil, on la dépouille de ses habits, on lui attache un crucifix à chaque pied et on la garrotte à une colonne.
Ses bras, étendus en forme de croix, sont liés aux deux bouts de sa cangue, fixée en travers sur ses épaules et on la laisse cinq jours et cinq nuits dans cette horrible position. Tant que dure ce supplice, les soldats l’insultent, lui crachent au visage, lui donnent des soufflets, lui arrachent la barbe.
Enfin, on reporte en prison le malheureux vieillard, à moitié mort et comme paralysé de tous ses membres. Le mandarin ordonne de le laisser mourir de faim.