Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 20 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
« Quatre ou cinq jours après qu’on leur eut enlevé leur père, les fils demandèrent à leur mère la permission d’aller le voir en prison. « Mes enfants, leur dit-elle, votre père est sur le champ de bataille, on ne sait pas encore s’il sera assez heureux pour confesser l’Évangile. La seule idée des tourments qu’on lui prépare suffit bien à ses épreuves, sans que vous y ajoutiez encore.
Si vous allez le visiter, peut-être que la vue de ses enfants, le souvenir de sa maison, lui causeront une émotion funeste à sa foi ; peut-être sa tendresse pour vous lui fera-t-elle oublier la gloire qui l’attend. Cependant, si quelqu’un d’entre vous veut pénétrer dans sa prison, je ne m’y oppose pas, pourvu qu’il aille auparavant consulter le catéchiste du grand père Dean ; s’il acquiesce à votre demande, j’y souscris ; s’il la trouve imprudente, vous reviendrez. »
« Mais, quand on eut appris que le saint confesseur avait triomphé de toutes ses tortures, cette bonne mère dit alors à ses enfants : « Votre père, avec la grâce de Dieu, a glorieusement confessé le nom du Seigneur ; ainsi allez le voir, consolez-le dans ses peines, encouragez-le à souffrir pour l’amour de Dieu.»
Les deux plus âgés, un fils et une fille, partent aussitôt ; le héros chrétien les serre dans ses bras. « Mes enfants, leur dit-il, votre père va bientôt mourir. Pour vous, c’est ma dernière recommandation, et vous la redirez en mon nom à tous vos frères :
souvenez-vous que vous n’avez qu’une âme ; priez Dieu qu’Il vous fasse la grâce de rester fidèles à votre religion ; surtout conservez-vous purs de la contagion du monde»La force est le quatrième don du Saint-Esprit :
agir et souffrir en sont les deux objets. Il se manifeste par la quatrième béatitude, c’est-à-dire par des actes d’indomptable amour pour la justice, pour l’expulsion de Satan des domaines qu’il a usurpés, et pour l’établissement du règne du Verbe rédempteur, soit en nous-mêmes, soit dans les autres. En fait d’entreprise héroïque, je ne sais s’il est rien de comparable à l’introduction d’un de nos missionnaires dans la presqu’île de Corée.
Depuis plusieurs années, M. Alaistre tentait vainement d’entrer par terre ou par mer dans ce pays idolâtre. Repoussé de toutes parts, mais non découragé, il forma l’audacieux projet de se faire jeter sur la côte avec un vieux guide, et d’attendre du ciel le succès de son généreux dessein.
Mais le plan était plus facile à concevoir qu’à exécuter. A défaut de jonque ou de navire, il fallait une barque et il n’en avait point ; un pilote, et il en manquait. Demandés avec instance aux hommes qui se vantent d’être intrépides, barque et pilote lui furent refusés. Loin de se laisser abattre, le missionnaire redoubla de confiance en Dieu : il ne fut pas trompé.