Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 22 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
Affronter la mort sur un champ de bataille, c’est être brave, bien qu’on soit entouré de milliers d’autres hommes qui l’affrontent également, et qu’on soit pourvu de toutes les armes nécessaires pour se défendre. Mais quel nom donner à celui qui, seul et sans armes, va la braver au milieu d’un peuple entier, dont le bonheur sera de l’immoler et de se repaître de son supplice ?
L’Esprit de force peut seul opérer un pareil prodige. La preuve en est que le monde païen d’autrefois ne l’a jamais vu, pas plus que le schisme ou l’hérésie. Souffrir est plus héroïque encore, et c’est un nouveau miracle de l’Esprit de force. Deux exemples seulement de cette force surhumaine, dans les épreuves et au milieu des plus violentes tentations.
« En Cochinchine, deux petites filles d’un chrétien appelé Nam, âgées l’une de quatorze ans, l’autre de dix, avaient été conduites à la préfecture avec leur mère, leur père et leur grand-père.
Sur leur refus d’apostasier, le mandarin ordonna de les frapper sur les pieds et sur les jambes, pour les faire avancer et marcher sur la croix. Ce cruel supplice trompa l’attente du mandarin.
« Les deux enfants se laissèrent horriblement meurtrir, plutôt que de faire un pas en avant. Prises et placées de force sur l’instrument de leur salut, elles ne cessaient de protester contre la violence qui leur était faite, et se dédommageaient de cette involontaire profanation par les témoignages du plus profond respect.
Le juge ne put refuser son admiration et ses éloges à leur courage, et les renvoya avec leur mère» (Annales, n. 73, p. 555, an. 1840).
L’Esprit de force qui fait deux héroïnes de deux petites Annamites, naturellement si timides, opère le même miracle en Chine.
« Voici quelques détails sur la constance dont une jeune Chinoise, nommée Anne Kao, a fait preuve dans la persécution. Surprise au moment où elle faisait sa prière, elle fut arrêtée par les satellites qui lui proposèrent de choisir entre l’apostasie et la mort.
Elle n’hésita pas un instant et leur répondit avec fermeté qu’elle préférait mourir. Ils la conduisirent donc au tribunal pour la faire comparaître devant les grands mandarins. Ceux-ci lui ordonnèrent de se mettre à genoux sur une chaîne de fer ; deux soldats tirèrent leurs sabres et les placèrent sur son cou pour l’effrayer.
Dans cet état, on lui commanda de fouler la croix : elle résista à cette nouvelle épreuve avec la même constance.