Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 24 octobre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
Or, désirer ardemment de recevoir le Saint-Esprit est déjà un effet du don de conseil. Elle était animée de ce désir la jeune enfant dont parlent nos précieuses Annales de la Propagation de la Foi. « Ma seconde mission, écrit un des apôtres de la Chine, fut également bénie.
Je me souviens avec bonheur d’y avoir rencontré une petite fille de dix ans, très bien instruite de sa religion, ce qui, à cet âge, est extrêmement rare chez les Chinois.
« Cette enfant désirait avec ardeur le sacrement de confirmation que j’hésitais néanmoins à lui accorder, parce que je la trouvais trop jeune. Je voulus m’assurer si son courage égalait son intelligence, et je lui dis :
Après que tu auras été confirmée, si le mandarin te met en prison et qu’il t’interroge sur ta foi, que répondras-tu ? Je répondrai que je suis chrétienne par la grâce de Dieu. Et s’il te demande de renoncer à l’Évangile, que feras-tu ?
Je répondrai : Jamais ! S’il fait venir les bourreaux et qu’il te dise : Tu apostasieras, ou l’on va te couper la tête, quelle sera ta réponse ?
Je lui dirai : Coupe ! Enchanté de la voir si bien disposée et si fortement résolue, je l’admis avec joie au sacrement qui faisait l’objet de tous ses vœux ». (Annal., n. 95, p. 804, an. 1844).
La vraie religion étant la route royale de la terre au ciel, un des premiers effets du don de conseil est de nous faire rechercher et employer tous les moyens de la bien connaître. Quoi de plus sage ?
S’enquérir de son chemin, n’est-ce pas le premier soin du voyageur en pays étranger ? Et puis, mieux on connaît la religion, plus on l’aime, plus on est disposé à faire tous les sacrifices qu’elle demande, et à réaliser le sublime détachement marqué par le don de conseil.
Sous ce rapport, voyons ce qu’il inspire, au milieu même de la persécution, aux jeunes chrétiens annamites.
« Mes catéchistes, écrit un missionnaire de Cochinchine, m’avaient souvent parlé d’un concours général sur le catéchisme, qui avait lieu tous les ans à Hê-sin, alors que les fidèles jouissaient d’une liberté parfaite.
Toutes les chrétientés voisines étaient invitées à y prendre part. Celle qui n’aurait pas répondu à l’appel se serait couverte d’une honte ineffaçable.