Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 12 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
Son agonie dura plusieurs jours. Lorsqu’une personne venait le visiter, il profitait de sa présence pour s’humilier de ses fautes : « Je me suis égaré, disait-il ; j’ai eu la faiblesse d’imiter l’apostasie des chefs de mon village.
Mais à présent que je suis revenu sincèrement à Dieu, je veux mourir dans Son amour. Je vous conjure de prier pour moi. » Sentant sa fin approcher, il lègue ses vêtements à un sous-officier, qui lui avait donné quelques morceaux de pain :
lui promet, ainsi que ce militaire l’en priait, de se souvenir de lui dans le paradis, tombe en défaillance, porte les doigts à sa bouche comme pour les sucer, tant il était pressé par la soif, et quelques instants après il expire, victorieux dans le dernier combat. (Annales de la Propag., etc., n. 85, p. 429 et suiv).
Tels sont les effets du don de crainte de Dieu et les vestiges que les saints nous ont laissés en retournant dans la patrie : Hæc sunt vestigia quæ sancti quique nobis reliquerunt in patriam revertentes.
Au don de crainte de Dieu succède le don de piété. Principe d’amour filial, il se traduit par la seconde béatitude, dont les actes respirent la tendresse et le respect envers Dieu et tout ce qui Lui est consacré, envers le prochain et tout ce qui lui appartient, dans l’ordre spirituel, comme dans l’ordre temporel.
Voyons-le s’épanouissant chez les jeunes chrétiens d’outre-mer. « Tout le temps que nous avons passé à Wallis, écrit un missionnaire, a été un temps de fête pour nous et pour les habitants.
Nous y sommes restés un mois et demi. Combien on est édifié et confus en voyant la piété de ces bons insulaires ! A toutes les heures du jour et de la nuit, on est sûr de trouver des adorateurs devant le saint Sacrement.
Chaque matin, prière en commun et concours à la sainte messe, pendant laquelle le chant des cantiques ne discontinue pas.
A la nuit tombante, ou, pour parler comme les naturels, lorsque la cigale a chanté, on se réunit de nouveau au pied des autels pour la prière du soir. Alors les fidèles rentrent chez eux.
« Mais à peine la famille est réunie, que dans toutes les cases, sans exception, commence la récitation du chapelet, suivie du chant des cantiques et de la répétition du catéchisme.
En ce moment, on n’entend plus dans l’île entière qu’un concert de louanges, durant lequel il est impossible de ne pas se sentir ému et attendri jusqu’aux larmes» (Annales de la Propag., etc., n. 120, p. 346, an. 1848).