Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 6 octobre 2026
CHAPITRE XXXIV
LES BÉATITUDES.
7° Quel est l’ordre hiérarchique des béatitudes ? C omme les dons du Saint-Esprit qui les produisent, les béatitudes s’enchaînent les unes aux autres, dans un ordre hiérarchique, dont les degrés élèvent le chrétien jusqu’à la perfection de l’être divin, par conséquent jusqu’au comble du bonheur, nous le montrerons plus tard.
En ce moment, nous avons à étudier deux choses dignes de la Sagesse, qui fait tout avec mesure, nombre et poids. La première est le rapport qui existe entre chaque béatitude et sa récompense ; la seconde, la gradation dans la récompense elle-même.
La récompense. Sans doute, le ciel ou le bonheur parfait est la récompense commune de toutes les béatitudes ; mais cette récompense est présentée sous un aspect différent, en harmonie avec le genre particulier de mérite obtenu par chaque béatitude.
Si donc il est vrai que le pécheur est puni par où il pèche, il est également vrai que le juste est récompensé par où il mérite. Quoi de plus propre que cette divine équation à exciter notre zèle et à soutenir notre courage, dans les routes différentes qui conduisent au bonheur ?
Ainsi, pour ceux qui se font petits et pauvres, le ciel, c’est le pouvoir, l’opulence, la gloire : Regnum cælorum.
Pour ceux qui sont doux, le ciel, c’est l’empire des cœurs dans la terre des vivants : Possidebunt terram.
Pour ceux qui pleurent, le ciel, c’est la consolation et la joie sans mélange et sans fin : Consolabuntur.
Pour ceux qui ont faim de la justice, le ciel, c’est le rassasiement parfait : Saturabuntur.
Pour les Miséricordieux, le ciel, c’est la Miséricorde avec ses ineffables tendresses : Misericordiam consequentur.
Pour les purs de cœur, le ciel, c’est la claire vue de Dieu dans l’éclat de Sa beauté et dans les magnificences de Ses œuvres : Deum videbunt.
Pour les pacifiques, le ciel, c’est le nom glorieux et le privilège incomparable d’enfants de Dieu : Filii Dei vocabuntur.
A cette harmonie s’en joint une autre : la gradation dans la récompense. Un peu d’attention suffit pour l’apercevoir. La première récompense est d’avoir le ciel. C’est le bonheur commun à tous les saints, mais non égal pour tous ; car il y a plusieurs degrés dans la béatitude, comme il y a plusieurs demeures dans la maison du Père céleste.
La seconde, c’est de le posséder. Or, posséder le ciel dit plus que de l’avoir. Il y a beaucoup de choses qu’on peut avoir, sans les posséder d’une manière tranquille et permanente.